Ouvéa…

août 9, 2012

… ou comment un séjour sur une île paradisiaque peut se révéler… une aventure que je ne suis pas prête d’oublier…

 

Tout commence quand à l’aéroport – un minuscule aérodrome où on récupère nos bagages posés sur un comptoir – une navette est censée venir nous récupérer pour nous emmener à notre gîte.

Plusieurs personnes attendent également, elles me disent que la notion du temps est ici toute relative et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Jusque là tout va bien. Puis une à une, les personnes qui attendaient également un transfert ou une location de voiture partent.

Ne restent plus que Tomoko et moi. Je me dirige donc vers un agent de l’aérodrome et lui expose mon soucis. Il me répond que c’est dommage le patron de mon gîte était là il y a 5 minutes. Il appelle pour moi le gîte (ici je n’ai aucun téléphone qui me permette d’appeler, c’est … handicapant), mais la personne du gîte m’indique que c’est un prestataire qui doit venir me chercher et qu’elle ne peut rien pour moi… Sur ce, j’appelle donc ce fameux prestataire, mais personne ne répond. Entre temps, par chance, le patron du gîte réapparaît et nous prend donc dans sa voiture pour nous emmener à bon port.

Il est très gentil, et en voiture me parle un peu de Ouvéa, son pays natal. Ouvéa compte environ 4000 habitants et est divisée en 3 districts, le nord, le sud et le centre. Le nord et le sud parlent la même langue tandis que le centre a sa propre langue. De même le nord et le sud sont majoritairement catholiques (héritage colonial français) tandis que le centre est majoritairement protestant (héritage anglais lié aux guerres coloniales). D’ailleurs dans le village principal au centre de l’île, une église catholique est voisine d’un temple protestant.

Il a ouvert le gîte il y a 3 ans, mais la Province des Îles c’est le parent pauvre de la Nouvelle Calédonie, et Ouvéa le parent pauvre de cette Province. C’est donc avec beaucoup de difficulté qu’il obtient des aides pour finaliser son projet. 3 ans qu’il a ouvert donc, et le bloc sanitaire n’est toujours pas achevé…

Nous arrivons donc à destination et nous découvrons notre case :

 

au confort sommaire…

Mais en bord d’une plage magnifique, à l’eau d’un bleu comme je n’en ai jamais vu (malgré un temps gris) :

 

Comme vous pouvez le voir, le temps a à nouveau fait des siennes. Adieu le ciel bleu, bonjour les gros nuages gris puis la pluie incessante le lendemain.

Mais reprenons dans l’ordre, nous voici donc arrivées dans ce cadre paradisiaque, mais le ventre commence à crier famine, nous partons donc à la recherche d’un snack, l’île semble très petite sur les cartes.

Nous marchons, marchons, marchons, quand une personne chargée de l’entretien des routes s’arrête et nous propose de nous prendre. Volontiers !

Il nous dépose donc au snack le plus proche qui était en effet à 3 kms de notre gîte.

C’est un excellent plat de poisson, et papaye au curry que nous dégustons :

Nous prenons des renseignements pour faire une excursion vers les ilôts du sud le lendemain, mais la personne nous indique qu’il faut aller à un autre gîte. « C’est faisable à pieds? » « Oui bien sûr ce n’est pas loin ». J’avais oublié qu’en plus des notions de temps, nous n’avions pas les mêmes notions de distance…

Nous voilà donc reparties, toujours en bord de plage magnifique :

 

Puis cette fois çi, c’est une famille de touristes qui s’arrête pour nous proposer de nous déposer. Ils sont déjà 6 dans une clio mais on se serre. Ils nous indiquent que l’endroit où nous nous rendons est en fait à 5kms… La famille nous dit qu’ici il faut faire du stop ! Oui c’est faisable à pieds, mais moi dans l’esprit de la question c’était plutôt « Il y en a pour 10 minutes, un quart d’heure, pas plus… ».

Arrivées au fameux gîte, tout est fermé, impossible de savoir à quelle heure le gérant sera de retour. Nous prenons le numéro de téléphone, et partons à quelques mètres de là louer des vélos.

De retour à notre gîte, nous avons commandé pour le dîner une spécialité locale : le crabe des cocotiers…. miam !

 

Puis nous demandons à la gérante (pour la 3e fois) d’appeler pour l’excursion le lendemain. Personne ne répond, mais elle nous en suggère une autre, départ 8h, il faut compter 1/2h de vélo pour s’y rendre. Nous demandons donc un petit déjeuner pour 6h30.

A 6h30, nous attendons patiemment, 6h45, 7h, 7h15, bon il est de toute manière trop tard pour déjeuner et se rendre à l’excursion, et il pleut fort. Nous retournons donc nous coucher, pour nous relever vers 10h30 avec cette fois çi le petit déjeuner qui nous attend…

La pluie ne s’est pas arrêtée, pas d’excursion au programme aujourd’hui, mais nous avons toujours nos vélos. Nous partons donc pour le nord d’Ouvéa.

Ici aussi tout le monde se salue d’un signe de la main, c’est sympathique.

Toujours une eau turquoise, même si les photos ne rendent pas vraiment grand chose…

 

Une fois trempées, nous arrêtons notre périple vers le nord et retournons sur nos pas pour ramener les vélos. Au total c’est donc une quarantaine de kilomètres à vélo que nous aurons fait.

Mais l’aventure ne s’arrête pas encore là.

Nous revenons donc au gîte où nous avons loué les vélos, mais une fois de plus personne… Il est 16h. Nous attendrons jusqu’à 17h15 avant de voir quelqu’un.

Sauf qu’à partir de 18h il fait nuit et que nous avons encore 7 kms de marche avant de rentrer à notre gîte.

C’est décidé nous ferons du stop (Papa, Maman pas d’inquiétude, c’est la première fois que je faisais du stop et nous avons bien choisi nos chauffeurs!)Après une heure de marche, car il n’y a pas beaucoup de voitures qui passent, c’est finalement 3 kanaks qui nous prendront dans leur voiture et nous feront économiser 1h de marche sous la pluie.

Après une bonne nuit de repos, c’est toujours sous la pluie battante que mon aventure ouvéenne s’achève et cette pluie aura très certainement altéré l’image que je garderai d’Ouvéa (où l’activité principale est ne l’oublions pas …. la plage).

Moralité : nous n’avons pas les mêmes notions de temps et de distance, les habitants d’Ouvéa ont été adorables, mais si j’avais eu un moyen de transport motorisé et un téléphone, j’aurai probablement perdu beaucoup moins de temps…

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